Faut-il dire seigneur.e ? L’écriture inclusive au Moyen Âge

serment féod 2.jpgL’écriture inclusive, une question uniquement contemporaine ? Le Moyen Âge s’était aussi posé la question de la féminisation des noms et des titres…

La question de l’écriture épicène, ou inclusive, fait débat en ce moment – c’est peu de le dire : on en parle à la radio, les sites internet prennent positionl’Académie Française s’en mêle et même le gouvernement… En plus des questions de principe, se posent des questions concrètes : faut-il utiliser le point médian (et dire par exemple chercheur.se) ? Le tiret (historien-ne) ? Féminiser les fonctions (professeure) ? Un petit détour par le serment de fidélité médiéval pour voir que ces questions ne datent pas d’hier…

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Faire un livre au Moyen Âge

1À l’occasion de la parution de notre livre Actuel Moyen Âge, nous revenons sur la manière de faire un livre, entre aujourd’hui et l’époque médiévale !

La fabrication des livres entre le Moyen Âge et aujourd’hui a bien changé. Aujourd’hui, la chaîne de fabrication irait de la forêt amazonienne (pour le papier) à Amazon (pour la distribution). Le livre numérique sauve des arbres et atterrit sur nos tablettes et nos liseuses. Mais, au Moyen Âge, la chaîne du livre va plutôt du mouton des champs, pour le parchemin, ou des chiffons mis au rebus pour la fabrication du papier, jusqu’aux volumes finis, reliés et enluminés pour les plus riches d’entre eux, directement transmis au particulier qui en avait fait la commande.

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François Fillon vs saint Louis, la politique sans amour

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Doit-on aimer ceux qui nous dirigent ? La façon dont on répond à cette question, de saint Louis à François Fillon, en dit long sur notre rapport au pouvoir.

« Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir » : suite aux scandales multiples qui ont miné sa campagne, François Fillon s’est lancé en début de semaine dans une ultime tentative, en demandant aux électeurs de mettre de côté l’affectif.

Là, le médiéviste est obligé de mettre son grain de sel. Car au Moyen Âge, l’amour occupe une place majeure en politique.

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Femmes de sciences

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La science, c’est féminin… même si les scientifiques sont souvent des hommes ! Et au Moyen Âge, quelle place pour les femmes de sciences ?

La sortie du film Les figures de l’ombre a mis sur le devant de la scène le rôle de femmes, noires qui plus est, dans le développement des programmes spatiaux de la NASA. Ces personnes subissaient alors un double handicap : noires, elles ne pouvaient pas accéder aux postes de responsabilité réservés aux blancs dans une Amérique ségréguée ; femmes, elles étaient considérées comme moins intelligentes, moins douées en science que les hommes.

Le Moyen Âge ne pensait pas l’aptitude aux sciences en termes de race : les savants arabes ont été abondamment utilisés par les universitaires, que ce soit pour comprendre Aristote, pour la médecine… Les femmes en revanche ont une place bien plus discrète dans le développement de la science. Les universités sont pendant longtemps réservées aux clercs, donc par définition fermées aux femmes. L’instruction de celles-ci se fait dans un cadre privé, même si elles sont bien plus nombreuses à savoir lire, écrire et compter qu’on ne l’a longtemps dit. Toujours est-il que ne gravissant pas les échelons universitaires, elles sont rares à acquérir des compétences pointues en philosophie, en rhétorique, en mathématiques, ou en théologie, qui est la science-reine du Moyen Âge.

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Lire et écrire, c’est du bouleau !

bouleauComment on lisait et écrivait au Moyen Âge… contre les idées reçues !

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de l’alphabétisation – a priori, si vous lisez ce post, c’est que vous n’êtes que peu concerné… Savoir lire, savoir écrire, sont aujourd’hui des compétences indispensables dans la vie quotidienne. Et au Moyen Âge ? Pendant longtemps, la période médiévale a été vue comme les temps obscurs (les dark ages, en anglais), marqués par la superstition, l’obscurantisme, et l’analphabétisme généralisé. Depuis, on a beaucoup écrit sur l’écrit médiéval, et de nombreux travaux récents ont nuancé cette vision : il existe des écoles depuis longtemps, et une portion non négligeable de la population, notamment en ville, sait lire et écrire, au moins un peu (c’est ce qu’on appelle la literacy).

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