Weinstein et Gillette la Carrée, une trop vieille culture du viol

La voix des femmes sur le harcèlement sexuel se fait entendre. Cette culture du viol s’ancre dans une trop longue histoire… dont les femmes indépendantes ont été victimes, au Moyen Âge comme aujourd’hui.

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L’affaire Weinstein, #balancetonporc, #metoo… La sphère publique retentit du calvaire que vivent de nombreuses femmes dans leur milieu professionnel ou personnel.

La dénonciation a commencé par viser les violences sexuelles ou le harcèlement au travail, avant de toucher toutes les violences et tous les types de harcèlement sexuels que les femmes connaissent au cours de leur vie.

Par leur parole, de nombreuses femmes mettent en lumière le fait que parler d’une agression ou porter plainte est aujourd’hui encore souvent de peu d’effet. Seul 5% des cas de harcèlement au travail donnent lieu à une plainte, mais surtout 74% des actifs estiment qu’il est difficile d’identifier le harcèlement sexuel. Cette dernière statistique est particulièrement révélatrice : au cours de notre socialisation, nous avons tous à des degrés divers reçu le message que l’homme devait dominer la femme, que pour être viril, un homme doit nécessairement démontrer qu’il est capable de conquérir charnellement. De fait, nos sociétés ont tendance à porter un regard ironique ou complaisant envers les contraintes sexuelles, petites ou grandes, faites aux femmes. Des hommes en sont d’ailleurs parfois tout autant victimes.

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Le viol à l’époque de saint Louis

Quand au XIIIe siècle, ne pas crier, c’était déjà être consentant-e…

2Cette semaine une affaire de mœurs fait pas mal de bruit dans les média. Un homme de 28 ans qui invite de manière préméditée une petite fille de 11 ans chez lui avec qui il a des rapports sexuels, et qui suite à la plainte de la famille, n’est pas condamné pour viol.

Ce qui agite l’opinion publique, ce n’est pas tant la violence sexuelle en soi. En France c’est presque banal : les associations estiment qu’il y a un viol toutes les 7 minutes, et que seulement 8 % sont dénoncés à la police. Glauque, mais véridique : les viols dont on parle dans les médias sont exceptionnels, ceux qui impliquent un homme politique, un footballeur… ou un enfant.

Non, ce qui fait vraiment débat, c’est la façon dont le tribunal du Val d’Oise a qualifié les faits. La petite fille s’est plainte à sa mère après, mais sur le coup, elle ne s’est pas débattue, elle ne s’est pas enfuie. Peut-on alors dire qu’il y a viol ? Loin de moi l’idée de vous influencer dans ce passionnant débat, je vous raconte juste comment on jugeait les viols au XIIIe siècle. Vous allez voir, ça n’est pas si loin de nous.

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« Les femmes s’épilent pour plaire aux hommes »

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Aujourd’hui, avec le retour du beau temps et des maillots de bain, parlons épilation ! Les femmes et les hommes médiévaux s’épilent, mais pas tous de la même façon…

Madmoizelle (oui, les médiévistes AUSSI lisent Madmoizelle, je ne vois pas pourquoi c’est drôle) fait une super couverture ce mois-ci autour de la question de la pilosité féminine (#MaiPoils). Au fait, vous saviez qu’on s’épilait déjà au Moyen Âge ?

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Femmes de sciences

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La science, c’est féminin… même si les scientifiques sont souvent des hommes ! Et au Moyen Âge, quelle place pour les femmes de sciences ?

La sortie du film Les figures de l’ombre a mis sur le devant de la scène le rôle de femmes, noires qui plus est, dans le développement des programmes spatiaux de la NASA. Ces personnes subissaient alors un double handicap : noires, elles ne pouvaient pas accéder aux postes de responsabilité réservés aux blancs dans une Amérique ségréguée ; femmes, elles étaient considérées comme moins intelligentes, moins douées en science que les hommes.

Le Moyen Âge ne pensait pas l’aptitude aux sciences en termes de race : les savants arabes ont été abondamment utilisés par les universitaires, que ce soit pour comprendre Aristote, pour la médecine… Les femmes en revanche ont une place bien plus discrète dans le développement de la science. Les universités sont pendant longtemps réservées aux clercs, donc par définition fermées aux femmes. L’instruction de celles-ci se fait dans un cadre privé, même si elles sont bien plus nombreuses à savoir lire, écrire et compter qu’on ne l’a longtemps dit. Toujours est-il que ne gravissant pas les échelons universitaires, elles sont rares à acquérir des compétences pointues en philosophie, en rhétorique, en mathématiques, ou en théologie, qui est la science-reine du Moyen Âge.

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