Messire Marco Polo

1.jpgCette semaine, partons vers l’Asie avec Marco Polo, pour apprendre de nombreuses langues étrangères… et acquérir nos lettres de noblesse.

Aujourd’hui, parlons de l’un des personnages les plus célèbres de l’époque médiévale : Marco Polo. Pour celles et ceux qui n’auraient pas envie de s’avaler la notice Wikipédia, ou les dix heures nécessaires pour regarder la série du même nom, je résume à gros traits : jeune vénitien, Marco Polo voyage avec son père et son oncle jusqu’à la Chine de Kubilay Khan (un descendant de Gengis Khan). Il y passe plusieurs années, revient à Venise, raconte son histoire à un romancier croisé en prison. Ce dernier se dit alors qu’il tient le best-seller du siècle, et banco, ça donne le Devisement du Monde, l’un des plus gros succès de la littérature médiévale. C’est une très belle lecture, avec des monstres, des batailles, des aventures incroyables, franchement, il ne manque qu’un Mur de Glace géant.
Aujourd’hui, je vais me centrer sur un aspect précis du texte, et vous infliger une longue citation – désolé, mais vous remarquerez que j’ai pris la peine de traduire, alors on ne râle pas, sinon la prochaine fois, c’est en latin.

« Marco apprit si bien les coutumes des Tatares, et leur langage, et leurs écritures, et leur art militaire, que ce fut merveille. Car sachez en vérité : il sut en peu de temps plusieurs langages et quatre formes d’écritures. Pour cela dorénavant il fut appelé Messire Marco Polo. Et ainsi le nommera désormais notre livre, car c’est à bon droit. »

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Voir son avenir dans les étoiles

Bayeux_Tapestry_32-33_comet_Halley_Harold.jpgCette semaine, nous accueillons un article de Maxime Fulconis ! Alors mettons-nous la tête dans les étoiles pour voir que l’intérêt pour l’espace ne date pas d’hier…

Alors que tous les regards étaient récemment tournés vers la « super-lune », la présence de Thomas Pesquet dans la Station Spatiale Internationale attire les feux des projecteurs. Les entreprises de hautes technologies ont quant à elles les yeux rivés sur la privatisation de l’exploration spatiale qui semble s’annoncer, pour le meilleur et pour le pire. En somme, scientifiques et grand public regardent aujourd’hui le firmament les étoiles plein les yeux… Alors, on pourrait être tenté de penser qu’il s’agit d’un trait particulier de nos sociétés situées sur la ligne de départ de la conquête spatiale, mais en réalité nous partageons aussi cette fascination des étoiles avec les hommes et les femmes du Moyen Âge.

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Noël 1223 : la première crèche

creche2La crèche, au cœur des débats sur la laïcité, mais aussi d’une longue histoire de mises en scène et de réinterprétations de la naissance du Christ.

Le débat rebondit à chaque hiver : a-t-on le droit d’installer des crèches dans les mairies, ou est-ce contraire à la laïcité ? La question dit à quel point nous sommes mal à l’aise face à un héritage religieux qui continue, qu’on le veuille ou non, à façonner en profondeur nos mentalités ou nos institutions.

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Robots médiévaux

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Aujourd’hui, laissons-nous surprendre par les robots du Moyen Âge !

Les techno-sceptiques ont plus que jamais des raisons d’être inquiets. Une intelligence artificielle bat les meilleurs joueurs de Go ; Google promet des voitures sans pilote ; de nouvelles prothèses neurales brouillent les rapports entre homme et machine. On s’interroge sur les robots à usage militaire. Tous ces éléments participent de l’avènement de  « l’ère des robots ». Lorsqu’on parle de robots, on pense généralement à la science-fiction, c’est-à-dire à l’avenir : Hal, R2D2, Terminator, Chappy ou Wall-E sont autant de figures qui incarnent des avenirs possibles, plus ou moins souhaitables – plutôt moins, généralement, surtout si vous vous appelez Sarah Connor. On pense moins à se tourner vers le passé pour réfléchir à l’évolution technologique et à ses conséquences. Et c’est probablement une erreur, car les sociétés d’hier ont été confrontées à des inventions techniques et aux bouleversements qu’elles peuvent provoquer. Et le Moyen Âge a réfléchi sur les robots – si, si, je vous assure !

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Économie partagée, quand les livres ont commencé à circuler

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L’économie partagée se développe de plus en plus pour trouver des solutions alternatives à la consommation systématique. On sait moins que le principe même de l’économie partagée trouve aussi ses racines dans les prêts de livres instaurés par les ordres mendiants notamment…

Cette semaine, j’ai eu besoin d’une pince-monseigneur. Certains de mes étudiants lisant parfois ce blog, précisons que c’était pour une activité légale. D’ailleurs, comme je suis certaine que je ne la réutiliserai jamais, j’ai décidé d’utiliser un site d’économie partagée pour l’emprunter.

Mais les règles varient énormément d’un site internet à l’autre. Faut-il s’inscrire ou pas ? Échanger ou louer ? Utiliser des euros ou les convertir en monnaie type bon-d’achat sur le site ? Dès qu’on traite de l’économie collaborative, on se trouve dans un espace foisonnant d’inventivité, mais aussi très peu régulé. Parce que ce sont des pratiques émergentes, elles cherchent encore leurs outils et leurs stratégies. Dans le passé aussi, d’autres objets ont commencé à être échangés à grande échelle alors que les générations précédentes se les prêtaient tout juste dans leurs cercles d’interconnaissance. Aujourd’hui il nous semble tout-à-fait naturel d’emprunter un livre, de l’acheter de seconde main, ou de le passer à de potentiels intéressés. Pourtant cette pratique, elle aussi, dû s’inventer.

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