Tueries de masse et Moyen Âge d’extrême-droite

Plusieurs des tueurs ayant commis des massacres de masse ces dernières années se revendiquent explicitement du Moyen Âge. Les journaux en ont beaucoup parlé dans le monde anglosaxon, et les médiévistes anglosaxons commencent à se saisir du phénomène (voir les articles indiqués à la fin de celui-ci). C’est beaucoup moins vrai en France. Il y a pourtant quelque chose qui se joue dans cette utilisation-là du Moyen Âge, quelque chose qui demande à être compris, pour pouvoir, peut-être, être conjuré. Comment comprendre que la période médiévale fascine autant certains tueurs contemporains ?

Tuer au nom du Moyen Âge

Brian Clyde. Source : Dailymail.

D’abord, un petit bilan. En 2011, le Norvégien Anders Breivik tue 77 personnes, dont 69 avec une arme à feu : dans son très long manifeste, il se définit notamment comme un chevalier templier. En mars 2019, Brenton Tarrant attaque deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et tue 51 personnes. Sur ses armes, il fait référence, entre autres, aux croisades, d’Urbain II (1095) à Lépante (1571). En juin 2019, enfin, Brian Clyde ouvre le feu dans un immeuble gouvernemental de Dallas. Son profil Facebook révèle une véritable fascination pour les armures médiévales, qui culmine dans cette photo de lui posant en armure médiévale, avec une arme à feu.

Trois événements ne font pas un phénomène, mais tout de même, il y a une tendance qui interroge. D’autant plus que ces tueries ne sont que la pointe émergée de l’iceberg, car on sait par exemple qu’aux Etats-Unis l’extrême-droite s’approprie fortement les symboles médiévaux, notamment les runes vikings.

Comment la comprendre ? On peut avancer plusieurs éléments d’interprétation : j’en propose quatre, qui ne sont ni exclusifs, ni exhaustifs.

1 : Un Moyen Âge d’extrême-droite

D’abord, il faudrait rappeler que ces tueurs ne convoquent et n’utilisent qu’un Moyen Âge bien particulier. Car il y a plusieurs Moyen Âge : dans son essai, le médiéviste Tomaso di Carpegna Falconieri montre bien qu’il y a un Moyen Âge gothique et un Moyen Âge celtique, un Moyen Âge de gauche et un de droite, un festif et un écologiste, etc. Certains peuvent converger, d’autres diverger. En l’occurrence, il s’agit ici d’un Moyen Âge d’extrême-droite.

Ce Moyen Âge est fantasmé comme un moment où l’Europe s’identifiait à la chrétienté, où l’Europe était « uniquement blanche ». C’est le Moyen Âge des croisades, des guerres entre religions en général et contre l’islam en particulier, des premiers pogroms, de l’Inquisition. Ce Moyen Âge a bel et bien existé, il ne s’agit en aucun cas de le nier. Mais les tenants de cette vision – qu’on retrouverait dans des ouvrages, des films ou des jeux vidéos (je pense en particulier au très controversé Kingdom Come Deliverance, ou, plus récemment, à Mordhau), mais aussi sur des forums comme 8chan – ne retiennent que les éléments qui les arrangent – ou plutôt qui correspondent à leurs filtres. Ils exagèrent ainsi largement les hostilités entre communautés religieuses et, surtout, sous-estiment voire ignorent totalement les contacts, les transferts et les échanges entre communautés. Leur vision des croisades, par exemple, est sous-tendue par des idées islamophobes.

Il y aurait des analyses importantes à mener pour étudier la façon dont certains ouvrages scientifiques ou pseudo-scientifiques ont nourri ces visions. On sait ainsi que Brenton Tarrant s’est revendiqué du « grand remplacement », cette théorie nauséabonde développée notamment en France, qui fantasme les « racines chrétiennes de l’Europe » pour mieux propager des visions racistes. Autre exemple : l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, bien qu’immédiatement critiqué par les spécialistes de la question, a nourri une islamophobie diffuse et est fréquemment mobilisé aujourd’hui par les partisans de ce Moyen Âge de la haine et de l’exclusion.

2 : Croisades et les Templiers

Deuxième point : ce rapport fantasmé au Moyen Âge se construit autour de grandes figures clés, qui structurent les imaginaires collectifs. Les croisades, notamment, sont omniprésentes, alors même qu’elles sont très souvent extrêmement mal connues par ceux qui les utilisent de cette manière – il n’y a qu’à voir la version bourrée d’erreurs qu’en proposait Eric Zemmour dans son dernier ouvrage.

Lors de la manifestation organisée par l’extrême-droite américaine à Charlottesville en 2017, les participants furent nombreux à arborer des croix de Jérusalem, des runes anglosaxonnes ou l’emblème des Templiers (croix rouge sur fond blanc) Paul Sturtevant a consacré un bel article à l’analyse de cette manifestation (en anglais) : vous pouvez le lire ici. Le journal officiel du Ku Klux Klan, dont les membres s’appellent des « chevaliers », s’intitule The Crusader. La phrase « Deus Vult » (Dieu le veut), l’un des cris de ralliement des croisés, est devenu un véritable meme sur Internet, très utilisé par l’extrême-droite américaine… et française. Là aussi, un bel article à lire sur le sujet.

Photo postée sur le compte Instagram de D. Trump Jr.

Plus récemment, le fils de Donald Trump (oui oui, LE Donald Trump, celui qui est un peu président de la plus grande puissance militaire du monde) a par exemple posté une photo de lui tenant un fusil décoré d’un heaume et d’une croix de Jérusalem (armoiries du royaume de Jérusalem). Sur la crosse, un dessin d’Hilary Clinton en prison…

L’image vient de .

Tel fils, tel père, en l’occurrence, puisque durant la campagne présidentielle, on a pu voir circuler des images de Trump en croisé ou en chevalier.

Et sur Internet vous pouvez acheter un « thé des croisés » dont la description fait le lien entre les croisés et les soldats américains d’aujourd’hui.

Vous allez me dire que ce sont les Américains et qu’on n’a pas ça en France ? A voir. Car à côté des croisades, on trouverait les Templiers. Ceux-ci ont longtemps été vus sous un angle ésotérico-mystique : c’est comme ça qu’Umberto Eco les représentait dans son roman Le Pendule de Foucault, en rappelant que « tôt ou tard, l’amateur de complots met les Templiers sur la table ». Aujourd’hui, les Templiers sont de plus en plus mobilisés et utilisés par l’extrême-droite, qui en fait le modèle de combattants chrétiens luttant contre l’islam : en France, il est très révélateur par exemple de voir Marine Le Pen s’afficher, dans une fête médiévale comme il y en a tant l’été, aux côtés de reconstituteurs vêtus… en Templiers.

Marine Le Pen à l’inauguration des Médiévales d’Hénin-Beaumont, été 2019. Source : compte Facebook de Marine Le Pen.

Un autre exemple révélateur : Vincent Lafon, policier impliqué dans des insultes racistes en avril dernier, pose avec en arrière-plan la statue d’un croisé (c’est peut-être un hasard, mais on ne peut s’empêcher de trouver ça révélateur).

Couverture du livre de Drummont « La France juive » en 1886. Source : Wikicommons.

Sur Twitter, réseau social sur lequel Actuel Moyen Âge est très actif, ce sont des centaines de comptes proches de l’extrême-droite qui utilisent comme image de profil des Templiers ou des croisés. Ils dessinent une nébuleuse diffuse, ce qu’on appelle (sans doute un peu trop rapidement) la « fachosphère », qui se nourrit de ce Moyen Âge là ; et, ce faisant, qui se l’approprie. Là aussi, il faudrait faire l’histoire de cette utilisation. On pourrait ainsi rappeler qu’une des couvertures illustrées de « la France juive » de Drumont (ce pamphlet antisémite que Gérard Noiriel a récemment comparé aux livres d’Eric Zemmour) s’ornait d’un croisé prêt à massacrer un juif…

Ces figures fantasmées évoluent avec le temps. Au début du XXe siècle, l’extrême-droite utilisait énormément la figure de Jeanne d’Arc, qui avait l’avantage de pouvoir être présentée comme française, catholique et royaliste. Aujourd’hui, Jeanne est moins commode : il faut dire que l’argument de « boutons les Anglais hors de France » est un peu passé de mode. Du coup, l’extrême-droite investit davantage la figure de Charles Martel, qui devient un véritable « mythe identitaire ».

3 : Un Moyen Âge violent

Troisième point : le Moyen Âge est encore souvent vu et présenté, et pas uniquement par ou à l’extrême-droite, comme une période sombre et violente. C’est bien sûr ce que reprend en partie Game of Thrones, en présentant un univers obscur, dans lequel on meurt beaucoup, et souvent de façon particulièrement sanglante et violente. Si les tueurs se réfèrent au Moyen Âge, c’est aussi parce qu’ils y trouvent le fantasme d’une période dans laquelle la violence était davantage banalisée qu’aujourd’hui (ce qui, là encore est faux). D’où par exemple la fascination pour les Vikings.

4 : Un Moyen Âge masculin

Quatrième (et dernier) point : ce Moyen Âge est également un Moyen Âge viriliste, voire masculiniste – c’est-à-dire qui met en avant une certaine figure de l’homme, construite autour de la valorisation de la force physique et même de la violence. Il est par exemple très intéressant de voir que l’une des publicités diffusées lors du Super Bowl mettait en scène Gregor Clegane, l’un des personnages les plus violents de Game of Thrones. Et il s’agissait d’une publicité… pour de la bière. Tournoi médiéval, sport contemporain, bière et violence extrême sont donc liées, comme autant de balises dessinant la carte d’une masculinité toxique qui se construit sur les bases d’un Moyen Âge imaginé. Il n’est qu’à voir les réponses, sur Twitter, à l’article dénonçant les biais racistes et sexistes du jeu vidéo Mordhau : les tweets homophobes, racistes, masculinistes sont légion, tous s’abritant sous le couvert du « réalisme » (« au Moyen Âge c’était comme ça »).

On pourrait également convoquer la figure d’un Papacito : ce Youtubeur prétend mettre en lumière dans son dernier livre un « véritable Moyen Âge, cette France totale qui sent l’ail et le fromage de chèvre, qui saigne du nez et qui transpire abondamment des burnes ». Le Moyen Âge sert ici de support à un discours viriliste qui condamne pêle-mêle féministes, gauchistes, musulmans et laïcité, en exaltant l’époque médiévale en général, et les croisades/Charles Martel en particulier. Inutile de dire, bien sûr, qu’on chercherait en vain dans ce tissu de clichés et d’erreurs le « véritable Moyen Âge »…

L’un des – nombreux – tweets de Papacito malmenant le Moyen Âge pour porter un discours homophobe.

Conclusion : le rôle des médiévistes

Ce ne sont là que des pistes d’analyses pour expliquer pourquoi le Moyen Âge – ou, encore une fois, un Moyen Âge en particulier – fait autant fantasmer un certain nombre de tueurs de masse. Ces tueries s’inscrivent au croisement de ces quatre aspects : le Moyen Âge est pensé comme une période où le christianisme s’opposait nettement à l’islam, une période violente et pendant laquelle la violence était banalisée, et enfin une période pendant laquelle « être un homme » supposait de manier les armes et d’aimer ça. Tout ça se mêle et se mélange et donne un cocktail explosif.

Que faire, en tant que médiéviste, pour désarmer – littéralement – cet usage-là du Moyen Âge ? Je n’ai pas la solution. L’une des voies est de travailler sur ces usages de l’histoire, comme le font par exemple Paul Sturtevant et Amy Kaufmann dans leur récent essai.

Il faut également rappeler en permanence l’existence de ces autres Moyen Âge, que ces tireurs ne veulent pas voir. Breivik se serait-il défini comme Templier s’il avait su que le prince syrien – musulman… – Usama ibn Munqidh parlait des Templiers gardant Jérusalem comme de « ses bons amis » ? Tarrant aurait-il autant utilisé les croisades si on lui avait appris que la première croisade entraîne la fondation des Etats latins d’Orient, espace de transferts culturels majeurs ) ? Papacito pourrait-il croire que l’homme médiéval était un « homme absolu » opposé au « Français métrosexuel moderne » si on lui expliquait qu’il y avait des homosexuels et des transgenres au Moyen Âge ? (même si ces deux concepts doivent évidemment être nuancés).

Cela ne suffira pas, probablement. Mais il faut sûrement, plus que jamais, ne pas laisser des pseudo-historiens continuer à raconter en boucle leur histoire pleine de colère et de violence. Car ce récit a des effets concrets. Pour ne pas laisser les massacreurs d’aujourd’hui s’approprier le Moyen Âge, les médiévistes ont leur combat à eux à mener, afin de rappeler la véritable richesse de cette période.

Pour aller plus loin

  • Tommaso Di Carpegna Falconieri, Médiéval et militant. Penser le contemporain à travers le Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.
  • A écouter : un entretien avec Geneviève Pigeon, « Ces extrémistes qui s’approprient le Moyen Âge », sur Radio Canada, 13 mai 2019.
  • A lire, en prenant son temps : (l’excellent) site The Public Medievalist a consacré plusieurs mois à un thème intitulé « Race, Racism and the Middle Ages ». On trouvera tous les articles ici.

Signalons en particulier les articles suivants :


NB : cet article a été originellement écrit en septembre 2019 et n’a pas pu être publié à ce moment-là pour des raisons diverses. Depuis, Paul Sturtevant et Amy Kaufmann, deux médiévistes américains, ont publié leur livre, un travail absolument passionnant et remarquablement engagé dans lequel ils reviennent (d’une manière beaucoup plus approfondie que ce modeste article) sur l’appropriation du Moyen Âge par l’extrême-droite : The Devil’s Historians: How Modern Extremists Abuse the Medieval Past, University of Toronto Press, 2020. Le livre s’accompagne d’un site internet très bien construit, qui propose notamment de longues bibliographies sur des sujets variés.

On pourra lire les très bons chapitres de Nicholas L. Paul (« Modern Intolerance and the Medieval Crusades », p. 34-44), Maggie M. Williams (« “Celtic” Crosses and the Myth of Whiteness », p. 220-232), Helen Young (« Whitewashing the “Real” Middle Ages in Popular Media », p. 233-242) ou encore Adam Bishop (« #DeusVult », p. 256-264) dans l’ouvrage suivant :
Andrew Albin, Mary C. Erler, Thomas O’Donnell, Nicholas L. Paul and Nina Rowe, Whose Middle Ages? Teachable Moments for an ill-used past, Fordham, 2019.

A noter qu’aux Etats-Unis, la réflexion que mènent plusieurs médiévistes sur les façons de contrer ces récupérations a provoqué des débats soutenus, voire des échanges assez violents entre médiévistes. On en trouvera un bon résumé dans cet article de Jennifer Schuessler, « Medieval Scholars Joust With White Nationalists. And One Another », The New York Times, 5 mai 2019.

21 réflexions sur “Tueries de masse et Moyen Âge d’extrême-droite

  1. Merci vraiment pour ce travail magnifique. J’adore votre site et je le partage souvent. Mon inquiétude est que se répand comme une tâche d’huile polluée une sorte de paresse intellectuelle qui n’aide pas et qui laisse la place, même chez les plus convaincus des anti racistes/spécistes, à une haine stérile qui finalement, on peut le craindre, nourrit la fachosphère et la rend plus forte. J’essaie d’exprimer ce que votre magnifique article m’inspire. Merci encore. Marie-Hélène Méli

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  2. Bonjour à toute l’équipe de Actuel Moyen Âge. Concernant les populations du Moyen Âge, y a-t-il un travail des historiens avec les généticiens ? Est-il possible de connaitre la composition génétique des populations et leur évolution ? Avez-vous des sources la-dessus ? Je suis le blog Généalogie génétique (http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?). J’ai pu déjà y voir des études intéressantes sur les populations romaines (http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/11/08/%C3%89tude-g%C3%A9n%C3%A9tique-de-l-ancienne-Rome) et Viking (http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/07/18/Structure-g%C3%A9n%C3%A9tique-de-la-population-Viking).

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    1. Bonjour ! Oui, il y a des recherches allant dans ce sens, au fil des découvertes archéologiques notamment. C’est une branche très pointue par définition, donc encore relativement peu utilisée.
      Si vous voulez une approche un peu globale, je vous recommande la lecture de cet excellent article : https://www.researchgate.net/publication/337681047_The_Middle_Ages_in_the_Genetics_Lab

      Et pour un exemple de laboratoire travaillant sur ça : https://genetichistory.ias.edu/

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  3. Dans les forums d’extrême-droite que je critique régulièrement, on n’est jamais censuré. Ici, je l’ai été systématiquement. Vous ne valez guère mieux que ceux que vous dénoncez M.Besson.

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    1. On ne censure jamais aucun commentaire : par contre WordPress bloque automatiquement les contenus « suspects », notamment injurieux. Si vos commentaires ne sont pas de cet ordre, je ne peux que vous encourager à les reposter !

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    2. Bonsoir Florian,
      Vous parliez des hommosexuels et transgenres au
      Moyen-âge. D’après vos connaissances, sont ce des cas particuliers ? Pour ma part, j’aurai plutôt dit que ce sont des cas particuliers. Le moyen-âge était très catholique et très patriarcal en France du moins. L’hommosexualité en tant que péché mortel et contraire aux normes, devait être très mal vu.
      Le climat aujourd’hui en France est à l’opposé du patriarcat qui est vu comme du machisme, climat influencé par le féminisme et par la présence de nombreuses femmes dans la société contrairement au moyen-âge en plus que de la mixité à l’école et dans les métiers qui contribue à féminiser certains garçons et masculiniser certaines filles…
      Donc je dirais pour ma part que l’hommosexualité et transgenre aujourd’hui prend une ampleur jamais égalée depuis toujours et c’est peut être ça que veut mettre en valeur la personne que vous critiquez qui parle des gens de saint jean d’acre comparés aux manifestations homo d’aujourd’hui.
      Encore merci pour cet article. Je ne pensais pas être le premier à jeter la pierre du débat… en retard.

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      1. Bonjour Julien,

        « Des cas particuliers », cela ne veut pas dire grand-chose en histoire : tout est toujours un cas particulier. Au Moyen Âge, l’homosexualité n’est pas toujours condamnée, pas toujours vue comme un péché mortel : comme toujours, les sociétés médiévales apportent des réponses nuancées, et qui changent avec le temps, à ces questions. Certes ces personnes sont alors globalement peu visibles : ce qui change aujourd’hui, c’est peut-être moins l’existence du phénomène lui-même que son traitement médiatique et donc l’empreinte qu’il laisse dans les sources, ce qui reflète évidemment des changements sociaux et culturels majeurs.

        Quant à l’idée selon laquelle aujourd’hui certains garçons seraient « féminisés » et certaines filles « masculinisées » : ces normes ne sont que des constructions sociales, donc historiques. Il n’y a pas d’essence de « l’identité garçonne » figée dans le temps. De fait, pour ne prendre qu’un exemple, au Moyen Âge les hommes pleurent, souvent, beaucoup, en public, alors qu’aujourd’hui il s’agit d’un comportement qui est plutôt vu comme « féminin »… Bref, cela n’a pas grand-sens de dire que « les femmes se masculinisent » : les identités genrées changent avec le temps, tout simplement – et heureusement !

        Merci à vous pour votre réponse, en retard ou pas !

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  4. Hélas, ces gens se fichent bien de la réalité historique, et c’est beaucoup trop souvent le cas des gens en général. « Moyenâgeux » c’est l’adjectif communément utilisé pour renvoyer à une pseudo période rétrograde, obscure, barbare, un truc dont il faudrait se dépétrer… Ou qui serait au contraire « la vraie France » pour certains, la racine profonde, celle des « vraies valeurs », qui sont probablement plus proches dans leur esprit de celles du 19e/début 20e, ce « bon vieux temps » (fantasmé) qu’auraient connu nos grands-parents ou arrières.

    Jeanne d’Arc, Charles Martel ont un point commun : la lutte contre « l’envahisseur ». Collez ensuite l’envahisseur actuel que vous voulez !

    Se revendiquer Croisé ou Templier, c’est l’idée qu’on est légimite dans son idéologie (quelle qu’elle soit), qu’on est le chevalier de Dieu, une dimension quasi mystique. On est un « combattant qui a la foi » (vs le reste du monde, ces mécréants), ça atténue le sentiment d’isolement, de marginalité, avec un petit côté martyr incompris assez confortable. En plus, la représentation romantique des chevaliers est valorisante, c’est classe. Ça touche quasiment à la psychanalyse.

    Marine le Pen à côté d’un chevalier quelconque, ça ne voudrait rien dire ; à côté de Templiers, elle devient une martyre sur laquelle on tape (les médias, les autres politiques etc), un modèle de foi qui dérange le roi Macron en place, Dieu valide combien elle a la classe.
    J’ignore si c’est fait de manière consciente, ou inconsciente lorsqu’elle prend sa photo, tant l’image romantique (et erronée) est ancrée en chacun de nous. À mon avis, les gens de la fachosphère qui s’affichent en ordres de moines-soldats n’analysent pas tant leurs réflexes.

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  5. Mr Besson , actuel moyenage a du mérite mais vos articles ne sont pas neutres .
    Dans votre texte , vous parler dans certaine réalité pour en imposer la votre .
    Le travail d’un médiéviste , historien n’est pas d’essayer de comprendre l’Homme qu’il étudie et de se baser sur les faits , rien que les faits ?
    Comme le dit Nico , « vous ne valez guère mieux que ceux que vous dénoncer  »
    Vous osez injecter votre progressisme dans l’histoire médiéval .
    C’est complètement anachronique …
    Les ignorants qui se revendique des Templiers , Vikings etc … OK Mais Monsieur , entre nous , osez placer du LGBT au moyen âge c’est aussi costaud non ?
    Mais ne vous inquiétez pas , vous et vos comparses ont déjà gagné car Kingdom come Delivérance va être adapté par Netflix …
    Aussi , vous aurez tout le loisir de contempler la Boheme du 15 eme siècle avec vos standards actuels .
    Quel dommage quand même de ne pas seulement compter l’histoire , sans y mettre une idéologie d’extreme droite/gauche …
    Actuel Moyenage , je ne vous visiterais plus .
    Je m’en retourne à mes Duby , Pernoud , Flori , Heers , Le Goff , Gauvard , Toureille , Baldwin etc …
    Tous des vieux réacs quoi ; )

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    1. Cher monsieur,

      La « neutralité », ou « l’objectivité » de l’historien (je devrais écrire « historien.ne » mais pressens que cela vous ferait bondir…) n’est qu’un mythe, depuis longtemps critiqué et déconstruit par les historiens eux-mêmes. Ce que vous voyez comme de l’anachronisme n’est en réalité rien d’autre que la manière même dont fonctionne l’histoire, comme discipline scientifique, qui se renouvelle en intégrant de nouveaux questionnements, lesquels, par définition, ne peuvent venir que de la société contemporaine. Lisez, ou relisez, Marc Bloch, Antoine Prost, Suzanne Citron, Joëlle Burnhouf, Etienne Anheim, Patrick Boucheron, etc : leurs pages sur la façon dont l’historien participe à « la vie de la cité », en se nourrissant des débats contemporains tout en les nourrissant aussi de ses recherches, devraient vous éclairer et vous montrer combien votre position est ici faussée. Ma collègue Catherine RIdeau-Kikuchi ayant eu la gentillesse de mettre certains de ces textes à disposition, vous pouvez même les lire en ligne : https://docs.google.com/document/d/1pmpqxQLBStlCevlFPtkZHCZ_Z3BIig3QKxXDpLB6WnE/edit

      Vous citez fièrement Duby, mais vous semblez ignorer qu’il était lui-même à la pointe de l’historiographie en dirigeant « l’histoire des femmes en Occident » : à l’époque, ce travail pionnier lui avait valu les mêmes critiques que celles que vous nous adressez maintenant, car « l’histoire des femmes » était alors très mal vue ! Idem pour les recherches de Le Goff (sur l’imaginaire) ou de Gauvard (sur la criminalité). S’ils peuvent aujourd’hui vous apparaître comme « de vieux réacs » (ce qu’ils ne sont pas !), c’est que leurs domaines de recherche sont devenus « normaux » et même classiques… c’es-à-dire qu’on n’en perçoit plus ni la charge idéologique, ni la surprenante nouveauté ! Et ils sont donc logiquement renouvelés par de nouvelles approches et de nouveaux thèmes.

      En l’occurrence, vous parlez des recherches se penchant sur les minorités sexuelles à différentes époques. Votre formulation (« oser placer du LGBT au moyen âge ») montre que vous ne savez pas du tout ce dont vous parlez : ces travaux sont au contraire extrêmement nuancés, charpentés par des références théoriques très fines et subtiles. Bref, personne ne « place du LGBT » nulle part… Si cela vous intéresse vraiment – pour ne pas en rester au rang des accusations gratuites car fondées sur la seule ignorance – je vous renvoie par exemple au récent livre de Clovis Maillet, « Les genres fluides. De Jeanne d’Arc aux saintes trans » (publié chez Arkhê).

      Cela dit, si vous décidez en effet de ne plus « nous visiter », sachez que nous n’en ferons pas une maladie. Nous y perdons un lecteur, vous y perdez l’occasion d’apprendre que l’histoire est bien plus complexe que ce que vous croyez…

      Bien à vous,

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      1. Merci pour votre réponse .
        Bon je vais être beau joueur .
        Le terme  » LGBT  » n’était peut-être pas adéquate mais il a titillé votre égo et c’est déjà pas mal …
        Je vois que vous m’avez rangé dans une case , ce qui ne m’étonnes pas .`
        Vous me parler des femmes ( historiennes ) , je ne vois pas le rapport avec ce que j’ai écris et d’ailleurs, ma femme a bien rigolé en vous lisant .
        En ce qui concerne la neutralité et l’objectivité, je reste persuadé que c’est le but ultime à atteindre pour un médiéviste .
        ( ah oui faut que je mette un/une médiéviste … pardon )
        Le monde médiéval que je m’attache à réhabiliter , à mon petit niveau , ne fut pas qu’une période sombre et malfaisante mais ce n’était pas non plus le monde de bisounours que vous voulez compter .
        Vous me parler d’une recherche scientifique qu’il faut sans cesse renouveler et qui se nourrit de nos vies contemporaines .
        On peut peut-être s’entendre là dessus .
        Mais ai-je le droit de ne pas être d’accord avec l’angle que vous prenez .
        Je ne suis pas un universitaire comme vous et j’ai encore beaucoup à apprendre mais je pense que de parler du Genre au moyen âge c’est être à mille lieux de la sensibilité des Hommes de l’époque .
        ( j’ai mis un h majuscule , ça vous va ou je rajoute femme ? )
        Par contre Duby avec  » l’histoire des femmes en Occident « , traite d’un sujet objectif et réaliste 😉
        Vous me conseillez ce Clovis Maillet et son livre  » les genres fluides etc … « .
        Je me suis renseigné, à la foi sur le livre et son auteur et j’y décèle quand même une pointe d’activisme …
        Si ces travaux sont si nuancés comme vous le dites alors pourquoi y accordé-vous une telle importance ?
        Le jour ou vous sortirez de votre cocon universitaire et irez voir la vie des  » gens du quotidien « , alors peut-être vous vous nourrirez d’autres vies contemporaines pour étudiez nos aïeux …
        Pour moi vous avez un parti pris très progressiste ( Actuelmoyenage , Passion Médiéviste ) .
        Ce n’est pas grave mais assumez le et accepté les critiques venant d’un pauvre petit ignorant comme moi 😉
        Bref,
        Victor Hugo disait  » l’avenir est une porte , le passé en est la clé  »
        Alors s’il vous plait, essayer de trouver la bonne clé , ne forcez pas la serrure.

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  6.  » Le Moyen Âge sert ici de support à un discours viriliste qui condamne pêle-mêle féministes, gauchistes, musulmans et
    « Le Moyen Âge sert ici de support à un discours viriliste qui condamne pêle-mêle féministes, gauchistes, musulmans et
    laïcité »
    …pas par rapport à ce tweet de Papacito, pour le coup.

    « ce pamphlet antisémite que Gérard Noiriel a récemment comparé aux livres d’Eric Zemmour »
    Super technique pour décrédibiliser un livre, « c’est du Drumont » ou « c’est du Zemmour », n’y a-t-il pas de pamphlets d’extrême-gauche à aller comparer à des livres avec des pensées d’extrême-gauche d’aujourd’hui ? Non parce que tu fais la même avec n’importe quels auteurs à ce moment là. Sérieux, c’est quoi le but de l’auteur de cette étude, voir comment la « haine » a évolué…? Comment le boulot de polémiste a pu évoluer ? (et puis ce passage où l’on laisse clairement sous-entendre que Zemmour userait volontiers d’un vocabulaire raciste…no comment)

    « Il n’est qu’à voir les réponses, sur Twitter, à l’article dénonçant les biais racistes et sexistes du jeu vidéo Mordhau : les tweets homophobes, racistes, masculinistes sont légion, tous s’abritant sous le couvert du « réalisme » (« au Moyen Âge c’était comme ça ») » => s’il y’en a, c’est dommage, mais l’article de Numérama est si stupide, à chercher des polémiques, en même temps…

    « Brenton Tarrant s’est revendiqué du « grand remplacement », cette théorie nauséabonde »
    mdr, nauséabonde en quoi ? que vous pensiez qu’elle est délirante, d’accord, mais « nauséabonde » comme si l’on parlait d’une théorie raciste à base de « notre race c’est la plus belle et la plus forte et la plus intelligente et les autres elles puent et pis c’est tout »… soyez encore moins neutre svp !

    Sinon, dans un tweet vous avez dit, je cite : « Des annales irlandaises du IXe siècle racontent ainsi l’expédition des fils de Ragnall, qui vont combattre en Afrique (en Mauritanie plus précisément), et en ramènent « des hommes noirs » comme captifs. Preuve, au passage, qu’il y a donc des Africains en Irlande au IXe siècle, même s’ils sont probablement peu nombreux… De quoi nuancer l’idée d’un Moyen Âge 100 % blanc ! » => …ouais, mais seulement quelques uns, alors, donc si le but est de demander à ce qu’on mette des noirs dans des jeux vidéos sur le Moyen-âge comme si c’était un groupe ethnique on ne peut plus banal…m’oui. Ils devaient représenter au mieux 0,02% de la population.

    « Breivik se serait-il défini comme Templier s’il avait su que le prince syrien – musulman… – Usama ibn Munqidh parlait des Templiers gardant Jérusalem comme de « ses bons amis » ? »
    Si son but est une sorte de suprématie chrétienne…pourquoi pas ? Peut-être le verrait-il comme un idiot qui tombera sous ses coups ou ceux de ses alliés.

    « Papacito pourrait-il croire que l’homme médiéval était un « homme absolu » opposé au « Français métrosexuel moderne » si on lui expliquait qu’il y avait des homosexuels et des transgenres au Moyen Âge ? »
    Étaient-ils seulement acceptés ? Et puis je regarde vite fait l’article que vous donnez et…je pige pas leur logique. Ils prennent vraiment des chiffres ACTUELS pour transposer ça à l’époque du moyen-âge…? ça n’a aucun sens, c’est comme si je prenais le nombre de criminels en 2020 et que je déduisais « il y’avait très exactement autant de criminels durant le 2e siècle avant J.C » comme si c’était du bon sens, l’évidence même…

    Enfin bref, je vous salue nonobstant !

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  7. Curieux mais surtout…
    Culoté pour un groupe de jeune gens dont le seul but par ce site est d’orienter politiquement une période et de l’utiliser à des fins idéologiques de faire soudain front contre l’instrumentalisation de la dite période.
    Et puis bien sûr pour faire front on commence par utiliser la peur, la base.
    Analyser l’attachement de la droite pour le Moyen-Age en commençant par Breivik c’est comme analyser l’attachement de la gauche pour la Préhistoire, et la Révolution Française en commençant par les massacres de Mao Zedong mais passons.

    Il y a autant de visions de l’histoire qu’il y a d’idéologies, merci de ne pas l’avoir rappelé. Merci non plus de ne pas avoir souligné que votre site consistait à appliquer la pensée progressiste de gauche à une période historique. Un tout petit peu d’honnêteté et de sérieux intellectuel aurait pu vous valoir une once de respect. Non pas que votre manque de partialité soit un secret de polichinelle: c’est tout l’intérêt affiché d’actuel Moyen-Age et en réalité d’une assez grande partie des recherches historiques contemporaines.

    Alors citons au hasard les titres de ce petit site de vulgarisation mené par des doctorants de l’université française:

    « « Bois mes règles ! » : hashtag féministe ou vieille pratique médiévale ?
    Colomb découvre… le clitoris
    De l’importance de l’orgasme féminin au Moyen Âge
    Faut-il dire seigneur.e ? L’écriture inclusive au Moyen Âge
    La Vierge aussi avait ses règles !
    Et si le Christ avait été une fille ?
    Le confesseur et l’avortement
    Pimenter sa vie sexuelle au Moyen Âge
    Le médecin médiéval face à l’avortement
    Sodomie médiévale : l’amour entre hommes, envers et contre tous
    Épidémie, 24 / Contre la peste… des badges pornographiques ?
    Hind bint al-Nu’man, lesbienne au coeur de l’Islam médiéval
    Les prostituées médiévales
    Pythagore et les végétariens gréco-romains
    Les invasions (des clichés) barbares
    Saint Maurice et Captain America, des héros noirs ?
    Le plombier polonais au Moyen Âge
    Drama kings sur le ring, Booba et Kaaris au XVe siècle
    De Jeanne d’Arc aux combattantes kurdes : réalités et fantasmes
    Greta Thunberg est-elle un loup garou ?
    L’art vaginal »
    … 80% des articles sont orientés …
    Les obsessions des uns, les obsessions des autres…

    Bref prenez les unes de Libération plaquez les au Moyen-Age en appelant ça Actuel Moyen-Age et vous avez un résumé de la direction des recherches historiques sciiientifiques et impartiales menées par l’université française en 2020. Des recherches dirigées par l’idéologie dominante pour asseoir sa doxa plus profondément jusque dans les profondeurs de l’histoire. C’est fait avec une telle promiscuité et mauvaise foi qu’on se dirait presque que 2020 « c’est le moyen-âge » et que rien n’a changé.

    Après avoir diabolisé, honni et craché sur cette période, la technique actuelle est toute autre: pour ne pas laisser cette période indomptée et aux mains des « tueurs de l’extrême droite », il s’agit aujourd’hui d’implanter et d’asseoir le boboisme dans toute l’histoire de l’humanité même dans cette période retorse. C’est au jeu de celui qui arrivera à gauchiser le mieux le Moyen Age tout autant que ce qui est « actuel », faisant d’une pierre deux coups en se servant de l’attraction qu’exerce la période médiévale pour dispenser la bonne parole.
    Alors que la préhistoire, les guerrières féministes et écologistes vikings ainsi que l’étude des peuplades cools et communautaires soit-disant pacifiques et égalitaires étaient jusque la le terrain de jeu privilégié, aujourd’hui au fur et à mesure que la doxa domine elle aborde les périodes les plus éloignées de son idéologie pour mieux les absorber et rendre leurs reliefs inoffensifs.

    Quitte à faire le très grand écart scientifique consistant à éviter de travailler sur les traits saillant caractérisants cette période mais plutôt retrouver dans la masse de documentation décidément peu coopérante un indice de boboité archaïque. Une fois trouvé il faut faire fi de son extrême marginalité, puis le marteler, le retourner dans tous les sens, ne parler que de lui d’abord dans la recherche puis dans la vulgarisation: accroître virtuellement son importance jusqu’à ce qu’il déborde de sa ponctualité et devienne faussement une norme auquel le bas peuple et même les chercheurs qui ne pensent plus qu’à ça, finissent par croire à cette importance faussée.

    Car, oui. Un jeu se déroulant sur un territoire de 5km en Occident médiéval qui inclurait des personnages de phénotype non caucasien serait plus faux que celui estimant cette probabilité beaucoup trop basse pour être représentée dans un échantillon de population contenu dans 5km². Et c’est bien plus par idéologie que par soucis d’originalité que les films historiques de ces cinq dernières années incluent désormais des castings multiethniques en déconnexion profonde avec la réalité. Chacun son fantasme me direz-vous mais pourtant aucun universitaire n’oserait s’offusquer de ce travestissement.

    Dans un article sur le discours vous écrivez « Les médiévaux attachaient ainsi plus d’importance aux premiers mots qu’aux derniers, bien conscients de la capacité des premières paroles proférées à influencer les suivantes. »
    Vous semblez en avoir fait votre pratique: des titres forts d’exagération pour marteler vos idées. Quand on gratte en lisant l’article au titre provocateur on se rend compte qu’en fait y a rien ou des recherches comme vous dites très nuancées… mais le titre et l’idée est restée, c’est bien.
    Voila comment on construit des « idées reçues », des « stéréotypes », des aberrations: en déconstruisant des stéréotypes. Tout comme on utilise la peur pour lutter contre les phobie présumées de certains… le paradoxe et l’hypocrisie se portent toujours aussi bien, le culot aussi.

    La séance de désintox est devenue la forme actuelle de la subversion avant qu’elle ne tourne au brainwashing. Un double jeu sournois s’appuyant sur des recherches très techniques finalement bien plus perfide et malsain que l’identification bas du front de la droite à des traits saillants d’une période qui quoi qu’on en dise se définissait elle-même frontalement et majoritairement par ces traits en son temps.

    Messieurs les chevaliers blancs de l’historiographie merci d’avoir l’honnêteté d’ajouter la mention commissaire politique à vos titres, sur ce bonne carrière: à la fac, à la médiation culturelle, à Libération, au CNRS…

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    1. Cher médiéviste très partial,

      Votre critique serait plus convaincante si elle ne transpirait pas autant la jalousie amère, plus constructive si elle était plus calme et plus nuancée – horreur, je viens d’employer trois mots chers à nous autres, méchants gôchistes : critique, constructif et nuances ! J’espère ne pas vous avoir déclenché de crise d’allergie – et, surtout, plus féconde si elle n’était pas anonyme ; mais il faut dire qu’il est tellement plus confortable de rester caché derrière le double masque d’un écran et d’un pseudo pour venir déverser son fiel non argumenté sur de jeunes chercheurs et chercheuses. (je vous épargne le chercheur.se.s, ce serait un peu trop j’imagine).
      Nous organisons régulièrement – bon, ok, moins souvent en ce moment mais c’est la faute du covid ! – des conférences et rencontres en réel : nous serions ravi.e.s (oups) d’échanger avec vous en vrai sur ces sujets. Vous nous trouverez sans aucun doute plus nuancés que vous ne semblez le croire, et nous vous trouverons moins informé que vous ne feignez de l’être (car il ne suffit pas de citer le titre d’un article pour le connaître).

      Je ne vais pas me fatiguer à répondre : vous n’avez pas plus d’arguments que de connaissances des renouvellements historiographiques actuels, car les « aberrations » qui vous irritent tant sont en réalité au coeur de recherches nombreuses et fines.

      Merci pour vos encouragements quant à nos carrières respectives ; je me permets de vous dire en retour toute l’admiration que nous inspire votre remarquable travail au sein du collectif « Vigilance Universités », en attendant, je n’en doute pas, que notre ministre crée sa police scientifique.

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    2. Mais comment pouvez-vous reprocher aux auteurs de faire figure d’imposture? « Tueries de masse et moyen-âge d’extrême droite » –> le partie pris de cet article est indiqué dans le titre !

      Je découvre ce blog. L’article m’a beaucoup intéressé. J’aurais bien aimé voir votre partie 3 davantage développée. Quand vous dites: « on a une image du Moyen-Âge où la violence est banalisée, ce qui est faux ».
      J’ai bien envie de vous croire mais … dîtes-en nous plus !

      Enfin, comment les médiévistes peuvent-ils contribuer à limiter l’impact de cet usage de l’histoire? Ma foi, comme toujours lorsqu’il s’agit de lutter contre une quelconque forme d’obscurantisme et d’instrumentalisation des foules: en vulgarisant et diffusant le savoir et la connaissance. Mission longue et souvent ingrate où vous recevrez probablement plus d’insultes que de louanges (cf ce commentaire auquel je réponds). Mais pour ma part, et pour de nombreux amis de ma génération et ce peu importe notre niveau d’étude ou nos professions: les profs d’histoire-géo sont souvent ceux qui nous ont le plus marqué. Et je n’ai pas le souvenir que nous les ayons beaucoup remerciés.

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      1. Merci pour votre réponse et pour ce tribut en effet mérité aux profs d’histoire-géo qui font à leur échelle un travail inestimable de diffusion du savoir !

        Pour la violence : en réalité cela n’a pas grand-sens en histoire de dire qu’une période est « plus violente » ou « moins violente » qu’une autre. La violence, c’est la transgression d’une norme sociale (par exemple, aujourd’hui pour nous le travail des enfants est quelque chose de socialement violent, alors qu’au XVIIIe siècle c’était la règle donc c’était normal). Dès lors on peut facilement trouver de grandes violences au Moyen Âge (criminalité globalement plus élevée, mortalité infantile délirante, etc), mais on en trouverait aussi à notre époque (nos guerres modernes où on tue en une seconde des milliers de personnes…). Bref, l’intérêt n’est pas de savoir si telle période du passé était violente : toutes les époques le sont. Le but, c’est de comprendre comment chaque société a pensé, régulé, contrôlé, pratiqué etc… la violence.

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  8. Bonsoir Florian,
    Merci de votre réponse. Pour revenir et finir sur l’hommosexualité, je ne vais pas prendre d’arguments Bonsoir Bonsoir Florian et merci de votre réponse. Je ne vais pas prendre d’argument historique car je n’en ai pas et vous êtes meilleur là-dessus. Je ne vais prendre que l’argument spirituel pour appuyer mes propos. Comparé au moyen-âge, nous sommes une période où le péché triomphe et pullule : fornication, perte de la foi, avortements massifs… la liste est longue. Étant donné que le péché entraîne le péché et entraîne au fil des générations l’inclination au péché (la perte de la grâce par le péchéorigiel et « Dieu punit l’iniquité des pères sur les enfants de la troisième et quatrième génération » selon le livre de l’exode, les prêtres exorcistes peuvent en témoigner) je dirai qu’effectivement aujourd’hui l’hommosexualité explose et cela n’est pas dû qu’à une lumière médiatique sur le sujet. Mais vous allez probablement me dire que vous ne vous basez que sur des faits. C’est mon avis. Bref…
    Concernant les hommes qui pleurent, je ne peux que vous donner raison. Je pénse que l’on confond aujourd’hui beaucoup de choses et la perte de la foi chrétienne y est pour beaucoup.
    Selon ST Paul dans le NT : « Mais le fruit de l’Esprit, c’est la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la douceur, la fidélité, la mansuétude, la foi, la modestie, la continence et la chasteté »
    – Aujourd’hui à la charité ou l’amour nous opposons la sexualité ou la passion sans l’effort qu’il faudrait avoir. On dit souvent qu’il vaut mieux quitter son conjoint s’il n’y a plus d’amour, on se fiche des momes qui restent sur le carreau.
    – A la joie on oppose le plaisir et le confort.
    – A la paix, même si ce mot est dans toutes les bouches médiatiques, on place par exemple la liberté de la presse (comprendre liberté de se moquer et de vomir sur les religions) comme une valeur incontestable sans poser la question est-ce que se moquer des gens ou de ce qu’aiment les gens est bon?
    – A la patience on oppose la rébellion ou l’ambition
    – A la bonté on dit trop bon trop con
    – A la modestie on oppose l’ambition
    – A la douceur on oppose la dureté (pleurer c’est pour les filles) alors que le don des larmes est tout à fait chrétien. J’ai moi-même cette sensibilité-là, padré Pio de pietrelcina devait mettre des serpillères sous son visage lorsqu’il priait le rosaire tellement il pleurait!
    – la fidélité on oppose le changement perpétuel
    – A la chasteté on dit à ceux qui ont choisi cette voix que ce sont des homo refoulés ou des pédophiles en puissance
    – A la foi, c’est à dire croire aux choses spirituelles que l’on ne voit pas, on préfère faire croire au père Noël à nos enfants !
    Quelle époque !

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