Actuel Moyen Âge en grève !

Aujourd’hui, pas d’article : Actuel Moyen Âge se joint à la journée nationale « le 5 mars, l’université et la recherche s’arrêtent ». Explication !

Depuis plusieurs semaines, un grand nombre d’universités, de laboratoires, de revues scientifiques s’opposent aux réformes annoncées pour l’enseignement supérieur et la recherche.

La « Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche » (dite LPPR) est rejetée par l’ensemble de la communauté scientifique française. Elle va alourdir les charges pesant sur des chercheurs·ses et enseignant·e·s-chercheurs·ses déjà trop sollicité.e.s et accentuer la compétition entre laboratoires et universités, au détriment du travail collectif, qui seul assure une recherche de qualité.

L’université française est dans une situation catastrophique, et seul un réel investissement financier public permettra de reconstruire un système d’enseignement supérieur public de qualité, ouvert à tous et toutes.

Les auteurs et autrices d’Actuel Moyen Âge sont de jeunes chercheur.se.s, qui souffrent tous et toutes, à des degrés divers, de la précarisation rapide de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Notre travail sur Actuel Moyen Âge relève avant tout d’une passion pour l’histoire médiévale et de la conviction que sa diffusion relève pleinement de notre mission de jeunes chercheur.se.s. Mais cette mission, source de plaisirs nombreux, devient aujourd’hui une épreuve, à l’heure où les postes se raréfient, où les statuts deviennent de plus en plus précaires, où les vacataires sont payés moins que le smic. Au-delà des coûts personnels de ces conditions de travail inacceptables, la frustration professionnelle créée par ce climat ne permet pas à la recherche française de se construire sereinement et durablement. A ce titre notre solidarité va à toutes les professions qui souffrent de ces dégradations, et à toutes les personnes qui se battent pour des conditions de travail et d’existence respectables.

Nous exprimons également notre profonde inquiétude relative à la dégradation globale et simultanée des services publics (hôpital, justice, transport, enseignement secondaire, etc…) et des formes de vie démocratique (politique de maintien de l’ordre de plus en plus répressive, brutalités policières touchant notamment les lycéen·ne·s et les étudiant·e·s, usage du 49.3 pour faire passer une réforme des retraites massivement rejetée par l’opinion, etc.).

Pour toutes ces raisons, l’équipe d’Actuel Moyen Âge se joint à la journée de lutte nationale du 5 mars et ne publie donc pas d’articles aujourd’hui.

Pour en savoir plus :

  • Un très utile article de Contretemps qui donne des chiffres. On y apprend notamment qu’il faudrait 60 000 postes de titulaires pour résorber la précarité, que 60 % des thèses se font sans financement ou encore que la LPPR va augmenter le temps de travail des personnels BIATSS de 9% sans toucher à leur salaire…

5 réflexions sur “Actuel Moyen Âge en grève !

  1. Fatigue
    Entre la teneur politique de certains articles, l’usage de l’écriture inclusive et cet article qui témoigne d’une approche partiale – sinon partisane – de la réforme mentionnée, il y a vraiment de quoi rebuter le lecteur curieux de l’histoire et de l’historiographie médiévales. Car oui, sachez-le, vous êtes lus par des gens en quête de connaissances, curieux d’en savoir davantage sur cette époque, ses hommes et femmes, ses idées, ses mœurs, ses arts etc., un lectorat par nature divers que la politisation de vos écrits, sur le fond comme sur la forme, déroute complètement. Le monde ne s’arrête pas aux débats sempiternels et picrocholins du milieu universitaire français: recentrez-vous sur votre propos, concentrez-vous sur votre sujet et faites la part entre le savoir et l’opinion. La connaissance du Moyen-Âge, par votre site notamment, ne s’en portera que mieux.
    Cordialement,
    Louis

    J'aime

    1. Bonjour,

      Merci de venir nous expliquer en quoi consiste notre travail et ce qu’on devrait faire d’un blog qu’on tient depuis plus de quatre ans.
      Internet est vaste : si nos écrits vous déroute, rien ne vous empêche d’aller cheminer ailleurs.

      Croire que ces écrits, ces savoirs, ces connaissances que vous semblez apprécier sortent de nulle part est une erreur. Qui fera de l’histoire quand, dans cinq ou dans dix ans, il n’y aura plus de postes fixes à l’université ? Qui diffusera la recherche quand les chercheurs et les chercheuses seront trop épuisés, trop mal payés, trop précarisés pour en faire ?
      Vous ne connaissez visiblement pas la nature de la réforme en question : la communauté universitaire est unanime pour expliquer (pas dire, expliquer : ça ne relève pas de l’opinion, mais du savoir !) qu’elle est dangereuse pour l’avenir de l’enseignement et de la recherche.

      Quant au partisanisme de notre travail, on l’assume tout à fait. Nos prestigieux ancêtres médiévistes, de Marc Bloch à Georges Duby, nous y encouragent autant que nous y force notre esprit citoyen.

      Bien à vous,

      L’équipe d’Actuel Moyen Âge

      J'aime

  2. Bonjour,
    nous compatissons grandement à la précarité des enseignants et au peu de moyens de l’enseignement. Ceci aux détriments des enseignants et des elèves.
    Tout de bon à vous et bon courage pour votre énergie dans tous vos articles…
    BESSON Patricia et Christophe ( parents de 2 enseignants thésés…)

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s